Dysphasie: Stratégies d’ntervention en classe

Interventions en classe enfants vivant avec une dysphasie

Source:  © LUSSIER, F. ET J. FLESSAS. Neuropsychologie de l’enfant. Troubles développementaux et de l’apprentissage, Dunod, Paris, 2001, pp.156-158. (reproduit avec autorisation)

Problèmes au niveau du langage réceptif

  1. Attirer l’attention de l’enfant quand on lui adresse un message.
    • Nommer l’enfant.
    • S’assurer d’un contact visuel et même physique (épaule, main…).
    • Mimer le message quand c’est possible.
    • Exagérer les gestes pour frapper l’imagination.
  2. Ajuster la complexité du message verbal selon le niveau de compréhension de l’enfant.
    • Diminuer la quantité d’information à traiter pour une consigne donnée.
    • Ne donner qu’une consigne à la fois.
    • Utiliser des mots de vocabulaire connus de l’enfant.
    • Favoriser la communication à travers des éléments concrets.
    • Ralentir le débit verbal.
  3. Reformuler le même message.
    • Utiliser la redondance, la répétition, le rephrasage (sans surcharge inutile).
    • Reproduire le message par écrit, par dessins, par pictogrammes.
  4. Vérifier la compréhension verbale de l’enfant.
    • Permettre à l’enfant de répéter le message entendu.
    • Ajouter les éléments qui manquent.
    • Poser des questions sur le message.

Problèmes au niveau du langage expressif

Rendre disponible les aides visuelles pour faciliter la communication.
Inciter à produire des gestes de communication non verbale.

Vérifier la compréhension du message de l’enfant par une demande de reformulation.

Amener l’élève à illustrer son message, son raisonnement, sa démarche.

Développer ses habiletés métaphonologiques (nombre de syllabes du mot à évoquer, phonème initial, terminaison).

Sensibiliser l’enfant aux règles morphologiques de formation des mots (radical et terminaison, suffixe et préfixe).

Organisation fonctionnelle de la classe

  • Etablir une routine très simple au début.
  • Planifier de façon détaillée les éléments de la routine.
  • Complexifier la routine progressivement.
  • Illustrer la routine par des images, des pictogrammes.
  • Prévoir un support visuel pour signaler les événements spéciaux.
  • Se référer à un calendrier (horaire) pour toute gestion du temps.
  • Etablir des règles claires de communication.
  • Ne tolérer qu’un seul élève parle à la fois.
  • Etre consistant dans ses demandes, constant dans ses exigences.
  • Etre persévérant dans l’application d’un plan d’intervention; le plan trop élaboré dès le départ risque d’être rigide et difficile d’application; il vaut mieux rajouter des éléments progressivement au plan que d’en retrancher.
  • Varier le type d’activités sur un même thème.
  • Prévoir des activités de courtes durée.
  • Alterner les activités verbales et celles impliquant de la manipulation.
  • Utiliser les pairs pour vérifier la compréhension d’un enfant dysphasique.

Organisation matérielle de la classe

Eviter la mobilité de la classe (réorganisation fréquente des pupitres).

Placer l’enfant près du professeur, loin des fenêtres, loin de la porte, de manière à ce qu’il puisse voir l’enseignant (ou l’interlocuteur).

Eviter la sur-stimulation: trop d’images peut être aussi dommageable que trop de mots.

Pour favoriser les apprentissages

  • Faire de nombreuses démonstrations.
  • Favoriser la modélisation, l’imitation.
  • Automatiser le plus possible.

Pour l’enseignant et le parent

Avoir une communication fréquente avec les parents des enfants en difficulté.

Ne pas attendre la « catastrophe », informer d’avance qu’on souhaite une communication fréquente en raison des difficultés qu’éprouve l’enfant.

Evaluer fréquemment les enfants à risques afin d’éviter la mauvaise surprise.

Solliciter l’aide des parents.

Indiquer aux parent un thème qui sera prochainement discuté en classe (via l’agenda de l’enfant) pour qu’ils abordent le vocabulaire de ce thème avec leur enfant; ils peuvent être des agents intermédiaires intéressants.

Contrôler les efforts; il faut se rappeler que l’enfant doit constamment fournir un effort pour suivre le rythme des activités de la classe; il est normal qu’il se fatigue plus vite que les autres enfants. Il faut donc lui fournir de courtes périodes d’explications et accorder plus souvent de pauses.

Si les parents vivent difficilement l’insuccès scolaire et l’échec des devoirs à la maison: demander un tiers … pour assumer régulièrement la supervision des devoirs et des leçons. Quelquefois la distance « affective » entre le sujet (l’élève) et l’agent (celui qui aide) peut être souhaitable voire nécessaire.

Autre lien utile pour enseignants:

Intégration, oui mais… comment ? (par ex. Page 8)
Chantal-Andrée Richard & Marie Eve Dufour, Service Regional Côte Nord, 2001

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